Laboratoire International Associé (France-Canada)
Forêts MONTAgnardes et BORéales
Chrono-écologie et aménagement écosystémique durable

1. Un cadre international

2. Des objets d'études bien identifiés

3. Similitudes et convergences fonctionnelles

4. Mais aussi des différences fonctionnelles

5. Aménagement écosystémique

6. Le consortium MONTABOR


1. Un cadre international

Les objectifs du LIA sont conformes aux préconisations lors du Sommet de la Terre en 1992 à Rio, et s’inscrivent dans la continuité des orientations définies pour la conservation des forêts et de leurs ressources lors du processus de Helsinki (conférence pan-ministérielle des états européens en 1993) et du processus de Montréal (états américains en 1994).


2. Des objets d'études bien identifiés

Le choix des objets d’études, boréaux et montagnards, correspondent à des milieux qui préoccupent les deux états impliqués (France et Canada) et leurs continents respectifs.

En Europe. La France et l’Europe présentent des surfaces forestières en accroissement, pour l’essentiel dans les régions de montagne, se caractérisant par des reliefs contraignants pour l’agriculture. La déprise agropastorale déclenchéee au XIXe siècle et amplifiée au XXe conduit à une reconquète des territoires par les habitats forestiers, à un accroissement de biomasse et une meilleure connectivié forestière au niveau des paysages. Cette déprise se concentre dans ces milieux de montagne en raison de la faible productivité et des charges d’exploitation élevées pour l’agriculture qui se retrouve pour l’essentiel dans les régions de plaine moins contraignantes. La forêt occupe l’essentiel des territoires montagnards et présente des taux décennaux d’expansion de l’ordre de 5%, voire plus, selon les régions. Ces forêts montagnardes européennes occupent des fonctions clés, pour la production de bois d’œuvre ou de chauffage, pour la protection des sols et des biens, pour les activités récréatives, la conservation de la nature ou encore pour la séquestration de carbone.

En Amérique du Nord. Au Canada, les forêts sont immenses et composées de millions de lacs et de rivières. Les forêts canadiennes jouent un rôle de premier plan, tant du point de vue économique (2,2% du PIB canadien), social qu'environnemental. La plus grande part de ces forêts est constituée de forêts boréales, siège d’une industrie d’exploitation du bois dont la place dans l’économie nationale est primordiale. De l’Atlantique au Pacifique, les forêts jouent un rôle social en produisant du travail, en hébergeant des populations autochtones, en générant des espaces de chasse, de loisirs, etc. Ces forêts préoccupent le propriétaire foncier, le gestionnaire et l’exploitant au regard des changements globaux en cours, des changements des termes du climat et des modifications des usages et des pratiques sociales.


3. Similitudes et convergences fonctionnelles

Les écosystèmes de montagne et de zones boréales ont en commun d’être (i) dominés par des forêts , et (ii) qui sont composées d’espèces végétales et animales analogues et aux traits d’histoire de vie partagés, souvent appartenant aux mêmes groupes phyllogénétiques. Les processus qui gouvernent le fonctionnement de ces forêts sont de même nature, c’est-à-dire des contraintes (stress) liées à un climat dont la saison végétative est courte, limitée à quelques 2-4 mois de températures >10ºC, et des hivers longs, froids et enneigés. Ces systèmes boréaux et montagnards subissent les mêmes types d’aléas et de perturbations (feux, attaques d’insectes, etc.) qui influent sur la dynamique des communautés, la structuration des populations, les flux de matière au niveau des paysages, jusqu’à influencer le cycle global des éléments comme le carbone et donc les changements climatiques. Les processus qui s’opèrent dans les systèmes boréaux-montagnards interagissent avec les changements globaux, et ce depuis la période glaciaire.


4. Mais aussi des différences fonctionnelles

A contrario des convergences évoquées ci-dessus, il existe des différences qui font que l’étude des zones de forêts boréales canadiennes est complémentaire de celle de forêt de montagne en Europe. En effet, ces dernières sont soumises à une forte fragmentation du paysage inhérente à la structure des reliefs et à une complexité des systèmes de vallées et de massifs, aux processus particuliers qui les affectent (ex. avalanches, hétérogénéité des sols) et aux résultantes écologiques (fragmentation accrue des populations, étagement des végétations, grande variabilité d’écosystèmes). Les régions boréales présentent a contrario des homogénéités apparentes de processus sur de grands territoires, qui font que ces processus peuvent peser plus lourd dans les balances environnementales, notamment en termes de cycle du carbone. Autre différence entre forêts boréales et montagnardes, le poids historique des pratiques humaines est radicalement différent. Si des populations humaines ont parcouru de longues dates, voire dès la déglaciation, les territoires aujourd’hui boréaux, leur impact sur les écosystèmes est resté, jusqu’à récemment, faible et probablement nul tant la densité de ces populations était négligeable. En revanche, en Europe, les régions de montagne ont été fréquentées précocement dès la fin de la période glaciaire, mais exploitées plus tardivement avec l’avènement du Néolithique et l’accroissement démographique humain nécessitant des territoires nouveaux pour accueillir les troupeaux, puis produire des cultures et exploiter la forêt pour son bois.


5. Aménagement écosystémique

L’aménagement écosystémique repose sur des approches qui s’inspirent des perturbations naturelles pour gérer et aménager les ressources et les territoires forestiers. Ce principe est en développement depuis le milieu des années 1990 au Canada. Il n’a pas encore atteint son paroxysme de développement méthodologique, ni même conceptuel. En Europe méridionale, les concepts de l’aménagement écosystémique sont naissants. Ils sont encore trop prisonniers des seules organisations gouvernementales à vocations sylvicoles, écoles forestières ou agences. En s’inspirant en particulier des progrès réalisés au Canada, des transferts de connaissances sont possibles : des adaptations également pour tenir compte des propriétés singulières ou plurielles des forêts de montagne, et de la plus longue histoire de relation entre les sociétés et leur environnement.


6. Le consortium MONTABOR

Le consortium franco-canadien MONTABOR est riche de personnalités complémentaires qui constitue la force du Laboratoire International Associé. Le groupe canadien est composé de chercheurs en écologie forestière, dont les compétences couvrent à la fois l’observation, la reconstruction écologique sur des périodes courtes (<300 ans), la modélisation des systèmes et l’expérimentation. Le groupe français possède des compétences en observation, reconstruction sur des périodes beaucoup plus longues (>300 ans) et de la modélisation. Le consortium est composé de chercheurs ayant une longue expérience de collaboration entre eux, et même d’échange d’étudiants ou de stagiaires post-doctoraux.

Le LIA permet de rendre cette collaboration ancienne plus transparente, et plus efficace en structurant et renforçant les échanges de personnels (chercheurs, personnels techniques, étudiants et post-doctorants). Le LIA labellise un groupement de chercheur partageant des préoccupations communes concernant des objets biologiques proches ou identifques. Le LIA renforce ainsi l'échange de savoirs et la créativité scientifique.





Dernière mise à jour : 23 juillet 2013 | CC